Déc 28

Cadeaux de noël

L’histoire des cadeaux de Noël

Aujourd’hui, tous les enfants attendent avec impatience le passage du Père Noël, à la hotte chargée de jouets. Il n’en a pas toujours été ainsi, puisque la coutume ne date que du XIXe siècle.

C’est d’abord dans les familles de l’aristocratie et de la bourgeoisie que se répand l’usage d’offrir des cadeaux à Noël.

On privilégie le jour de la Nativité pour remettre les présents – uniquement aux enfants, puisque les adultes s’offrent des étrennes pour le Nouvel An. Dans le dernier quart du XIXe siècle, les grands magasins profitent de cette période de festivités pour proposer une grande variété de jouets et de jeux. Ceux de fabrication allemande ont alors la faveur des réclames.

Les cadeaux sont bien différenciés selon le sexe. Les petites filles reçoivent des jouets associés à leur futur rôle de maîtresse de maison et de mère poupées, mobilier ou cuisinières miniatures avec batterie de cuisine et service de vaisselle ; les garçons se voient offrir des soldats de plomb, des jouets mécaniques trains ou voitures, des jeux d’adresse…

Dans les milieux populaires, les cadeaux des enfants demeurent beaucoup plus modestes friandises, biscuits et pains d’épices. Parfois, ils reçoivent aussi un petit jouet de fabrication artisanale. A contrario, le fruit luxueux qu’est à cette époque l’orange de Noël – si rare qu’il était autrefois un présent royal – reste réservé aux gens de cour.

Pour faire patienter leurs enfants – qui trépignent jusqu’au jour tant attendu -, les parents leur racontent les histoires de ces merveilleux personnages qui viennent la nuit déposer des offrandes.

En France, les enfants attendent le Père Janvier – vieux bonhomme à la houppelande blanche, une hotte de vigneron sur le dos pour transporter les cadeaux – ou encore la tante Arie, fée sans baguette connue en Franche-Comté, où elle joue le même rôle que saint Nicolas.

Une légende née au IIIe siècle en Asie Mineure

En Italie, c’est la grincheuse Befana, dont le nom évoque l’Épiphanie. Dans l’est de la France comme en Allemagne, les enfants espèrent saint Nicolas ou l’Enfant Jésus. Dans toute l’Europe, au cours du XIXe siècle, les enfants prennent l’habitude de mettre leurs souliers dans la cheminée pour que le Père Noël, le plus populaire des personnages, y dépose les cadeaux. Encore faut-il que ce vieillard, qui a pris de l’embonpoint avec le temps, ne reste pas bloqué dans l’étroit conduit et ne soit plus en mesure d’accomplir sa mission. Mais comment s’est créée la légende du Père Noël ?

La paternité en revient à saint Nicolas. Né en Asie Mineure entre 250 et 270 ap. J.-C puis converti au christianisme, il est persécuté sous l’empereur Dioclétien et contraint à l’exil. En 313, Constantin instaure la liberté des cultes, et Nicolas revient dans son pays, où il est nommé évêque de Myre. Il y décède un 6 décembre entre 345 et 352 et y est enterré.

La vie du saint est entourée de nombreuses légendes. Il vient en aide à trois jeunes filles de Myre que leur père voulait vendre, il porte secours à des marins pris dans une tempête, il ressuscite trois soldats romains condamnés injustement, il multiplie du blé pour donner du pain à des miséreux et, enfin, il ramène à la vie trois enfants qui avaient été tués, dépecés et mis au saloir. Ses reliques aussi accomplissent des miracles, permettant à des parents de retrouver leurs enfants perdus ou volés.

Saint Nicolas devient ainsi l’un des saints les plus populaires des Églises latine et orthodoxe. Au Xe siècle, son culte prend un essor particulier en Allemagne sous l’influence de Théophano, l’épouse grecque de l’empereur Otton II ainsi qu’en Alsace et en Lorraine, à cause du rayonnement du pèlerinage de Saint-Nicolas-de-Port, à côté de Nancy – ce sanctuaire abritant des reliques du saint depuis le Moyen Âge.

Pour avoir sauvé beaucoup d’enfants, saint Nicolas est devenu leur protecteur. Ainsi le considère-t-on comme le « distributeur de cadeaux ». Dans la nuit du 5 au 6 décembre, dans son costume d’évêque, coiffé d’une mitre, une crosse à la main, il se rend chez les plus sages d’entre eux pour leur donner récompenses et friandises. Les garnements voient arriver avec terreur le personnage qui l’accompagne dans sa tournée : le Père Fouettard .

Si les catholiques vénèrent saint Nicolas, les protestants, hostiles au culte des saints, préfèrent le Christkindel, l’Enfant Jésus qui distribue les cadeaux le 25 décembre. Il est représenté sous les traits d’une jeune fille habillée et voilée de blanc, la tête ceinte par une couronne de branches de sapin, décorée de bougies.

Dans les pays d’Europe du Nord, qui ont adhéré à la Réforme au XVIe siècle, la fête de saint Nicolas est supprimée. Sauf en Hollande, ce qui explique que les colons néerlandais qui fondent en 1664 la future New York introduisent dans le Nouveau Monde la fête de Sinterklaas. Les Américains l’adoptent, le rebaptisent Santa Claus – avec le succès qu’on lui connaît aujourd’hui.

 

Déc 28

Le monde du jouet

Le choix du jouet

Le jouet est, pour l’enfant, à la fois outil d’expression, d’apprentissage et de décryptage du monde adulte. C’est dire son importance et les questions auxquelles les adultes sont confrontés en période des fêtes où l’omniprésence de la publicité oriente le choix des enfants, et donc aussi celui des parents.

QU’EST CE QU’UN « BON » JOUET ?

Un bon jouet permet à l’enfant de s’amuser et de faire des apprentissages sans danger. Dès lors qu’il s’agit de l’épanouissement de l’enfant, il est important que ce jeu attire l’enfant. L’imaginaire lié au jeu est aussi très important, parfois même plus important que le jeu lui-même. L’idéal c’est que l’enfant se construise son propre environnement, sa propre histoire et s’émancipe du cadre stéréotypé fourni à grand renfort publicitaire. Cet environnement imaginaire, l’enfant le construira d’autant plus facilement que le jouet lui plaira, à lui, et pas forcément à ses parents.

Amusant et éducatif

Avant tout, le jouet doit amuser l’enfant, c’est sa fonction première. Il doit s’adapter à sa personnalité et à sa sensibilité. Comme le jouet est un article de mode et à forte implication affective, la tentation est grande pour les parents de répondre aux sollicitations des enfants en achetant en quantité des jouets mis en valeur par la publicité. Le jouet gadget, coûteux et sophistiqué risque d’être très vite abandonné tandis qu’un jouet simple laisse le champ libre à l’imagination.
En jouant, l’enfant acquiert des réflexes qui faciliteront les autres apprentissages. Quelques exemples :

• Qui n’a jamais joué à se bagarrer? Ce faisant, l’enfant apprend à se maîtriser (il doit bien sûr éviter de faire vraiment mal) et améliore sa psychomotricité.

• Jouer à la poupée permet aux enfants de s’identifier à l’un ou l’autre rôle, ou à l’une ou l’autre personne. Ce qui permet par exemple d’être la monstrueuse sorcière, un personnage important dans le monde des enfants. Ici aussi l’enfant visualise (il rêve éveillé), ce qui le détend. Il simule et peut donc mentir sans que ce soit amoral. C’est aussi un moyen de revivre et de dédramatiser des événements pénibles ou potentiellement traumatisants. Quand les enfants jouent « papa-maman », ils sont souvent des parents très sévères, ce qui les aide à mieux vivre les moments de la vie où les parents sont obligés de sévir. En rejouant ainsi des moments de stress, ils peuvent prendre distance. Tout cela est intuitif mais a une réelle utilité.

• Les jeux de société initient l‘enfant à la vie de société où, si la règle commune n’est pas acceptée, il n’y a point de vie en commun possible. C’est ainsi notamment que les enfants peuvent appréhender intuitivement l’utilité des lois. Si on ne respecte pas les règles, cela finit en dispute et on ne s’amuse plus. Les jeux de coopération sont aussi très importants car ils apprennent l’utilité du travail en équipe. Ils développent l’idée qu’on obtient un meilleur résultat en travaillant à plusieurs, qu’une équipe doit être composée d’éléments complémentaires.

• Le jeu du labyrinthe, par exemple, apprend la structuration spatiale, la stratégie et l’anticipation. Dans ce jeu, qui est une sorte de course au trésor stratégique, les joueurs modifient la forme du labyrinthe en faisant glisser sur le plateau du jeu les parties de couloir mobiles.

• Le jeu de l’oie favorise la compréhension et le respect des règles, et intuitivement leur utilité. Il permet également la reconnaissance de la représentation abstraite (le pion rouge c’est moi) et le calcul.

• Les jeux de stratégie (Echec, jeu de Go…) développent la perception abstraite du monde. Les joueurs apprennent à faire des choix, comme avec les jeux électroniques, mais avec l’avantage que l’autre n’est pas une machine mais un être humain.

• Le jeu « Qui est ce ? » permet le développement de la logique, apprend a aborder un problème global par étapes mutuellement exclusives.

• Les jeux électroniques développent le sens de la stratégie, apprennent à faire des choix qui ont des conséquences concrètes et visibles. Ils permettent donc de montrer intuitivement que ces choix conditionnent une situation, et dans la vie il en va souvent de même. Ils développent la rapidité d’exécution et poussent le joueur à identifier les moyens de déplacements les plus efficaces.

Comme nous l’avons montré, la plupart des jeux sont éducatifs. Pour se développer, l’enfant doit relever des défis réalisables. Les jouets ne peuvent décourager l’enfant mais doivent l’aider à développer ses sens, sa motricité, son intelligence, sa créativité et ses contacts sociaux. Les grands classiques et les valeurs sûres peuvent être des pistes intéressantes. A travers le jeu, les parents peuvent promouvoir des valeurs telles que la coopération, le goût de l’esthétique, le respect de l’autre, l’acceptation de la différence et refuser la compétition, la violence, la reproduction des rôles sociaux et sexués. Rappelons à ce propos qu’il n’y a pas de honte ni de danger à offrir à un enfant un jouet censé avoir été élaboré pour l’autre sexe (et vice versa!). Le dialogue parents–enfants autour du refus d’acheter le jouet convoité, peut être tout aussi éducatif…

Sans danger

Les jouets et gadgets bon marché peuvent être certes attirants pour les enfants, ils n’en sont pas sûrs pour autant. C’est le résultat d’une investigation menée par le Crioc en 2004 sur base d’une quarantaine de jouets et gadgets glanés sur le marché belge en été (jouets vendus dans les fêtes foraines, dans des grands magasins ou chez les détaillants spécialisés).

Le jouet doit être sans danger et ne présenter aucun risque prévisible. Mais il n’existe aucune sécurité absolue. C’est pourquoi les éducateurs doivent être particulièrement attentifs en matière de surveillance et apprendre à l’enfant à reconnaître les risques et à les prévenir. L’étude réalisée par le CRIOC10 en matière d’accidents domestiques a souligné les risques encourus par les enfants lors des activités de jeu. L’âge constitue un facteur déterminant dans le risque d’accidents domestiques. Plus on est jeune, plus le risque est important et 3 accidents sur 10 concernent les 0-14 ans. Plusieurs risques sont identifiés :

• Chutes dans le bac à jouet, à vélo, lors de jeux (toboggan, skateboard).

• Mises en bouche d’objets de petite taille : éléments détachables, pièces de jeux.

• Coups suite aux jeux (jet de pierres, bâtons, luge, balle).

• Coupures (cutter, éléments tranchants, etc.).

• Coups et fractures (jeux, toboggan, plaine de jeux).

Pour vérifier qu’un jouet est conforme aux exigences essentielles de sécurité, le consommateur doit être attentif à la présence du marquage CE. Ce Logo indique qu’à priori le jouet est conforme aux normes de sécurité. Cependant ce logo n’est pas un gage de sécurité absolue dans la mesure où son utilisation ne fait pas l’objet d’un contrôle systématique. En plus du sigle « CE », les fabricants doivent mentionner des avertissements et des précautions d’emploi en rapport avec les catégories de jouets comme les jouets destinés aux enfants de moins de 36 mois, toboggans, balançoires suspendues, anneaux, trapèzes, cordes et jouets analogues montés sur portique, jouets fonctionnels, jouets contenant des substances ou préparations dangereuses, jouets chimiques, planches, jouets pour le bain et patins à roulettes pour enfants.

La législation belge sur la sécurité des jouets, adoptée en 199111 en exécution de la Directive européenne 88/378/CEE, impose l’obligation de ne mettre sur le marché que des jouets sûrs « qui ne compromettent pas la santé ou la sécurité des enfants ou de tiers lorsqu’ils sont utilisés conformément à leur destination ou qu’il en est fait un usage prévisible, compte tenu du comportement habituel de l’enfant ». Elle définit des exigences essentielles de sécurité, générales et particulières, concernant notamment les propriétés physiques, mécaniques, chimiques, toxicologiques, électriques, l’inflammabilité et l’étiquetage.

Lorsque le jouet répond à toutes ces exigences de sécurité, il doit porter la marque CE. En fait, il s’agit d’une présomption de conformité car il n’y a pas de contrôle préalable à la mise sur le marché. C’est le fabricant qui appose la marque en fonction de l’appréciation qu’il fait de son produit par rapport aux normes en vigueur. Cette « auto-certification » inquiète les organisations de consommateurs, qui préféreraient voir confier l’examen de la conformité à un tiers indépendant agréé, et ce avant toute commercialisation.

Quelques conseils de sécurité

• Chaque jouet doit être adapté au stade de développement de l’enfant: respectez l’âge conseillé dans l’étiquetage, même s’il vous semble que votre enfant est plus « mûr ». De plus, pour se développer, l’enfant doit relever des défis réalisables. Les jouets ne peuvent décourager l’enfant mais doivent l’aider à développer ses sens, sa motricité, son intelligence, sa créativité et ses contacts sociaux.

• Choisissez des jouets munis du marquage CE (malgré la remarque faite ci-dessus, il n’y a pas actuellement d’autre indication plus fiable).

• Évitez les jouets dangereux: les petites pièces pour les jeunes enfants, les jouets à piles boutons, les jouets pointus (fléchettes), les jouets coupants (ciseaux), les boîtes d’expérimentation chimique…

• Vérifiez la sécurité du jouet au moment de l’achat: le jouet ne doit pas présenter de côté tranchant, d’arête vive, la peinture ne doit pas s’écailler. Le jeu doit être stable (tableau de découverte, balançoire …), lavable et ne pas contenir de matières toxiques ou inflammables.

• Lisez le mode d’emploi et respectez les consignes de sécurité.

• Exercez une surveillance vigilante lorsque vos bambins s’ébattent dans l’eau (jeux et équipements nautiques) ou sur une plaine de jeux.

• Munissez vos cascadeurs à roulettes de vraies protections (casque pour vélo, genouillères), c’est-à-dire celles qui ne sont généralement pas vendues dans les rayons jouets, mais bien dans les magasins de sports !

Extrait de:Marc Vandercammen, CRIOC

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